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Éditer : Afrique du Sud : nouvelle flambée de tensions xénophobes, les migrants africains dans la peur

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Un historique de violences ignorées


Ces attaques s'inscrivent dans un contexte de xénophobie récurrente. Moins d'un an auparavant, en mai 2025, la ville d'Addo, dans la même province, avait connu un épisode meurtrier où quatre ressortissants étrangers (trois Zimbabwéens et un Malawien) avaient été tués par des foules en colère. Cet événement avait forcé plus de 500 immigrés à chercher refuge. Le Consortium for Refugees and Migrants in South Africa (CoRMSA) a documenté 59 cas de discrimination xénophobe en 2024, entraînant le déplacement de près de 3 000 personnes. Malgré ces chiffres alarmants, aucune arrestation significative n'avait suivi ces incidents.


Le prétexte et les acteurs


La vague actuelle de violences a été déclenchée par l'installation de Solomon Eziko en tant qu'Eze Ndi Igbo East London, une pratique culturelle courante au sein de la diaspora igbo. Bien que la Haute Commission du Nigeria ait précisé qu'il s'agissait d'un festival culturel et non d'un couronnement officiel, cela n'a pas empêché les attaques. Selon le Sahara Reporters, au moins 26 Nigérians ont été hospitalisés et des biens d'une valeur de plusieurs millions de rands ont été détruits ou pillés. Des mouvements anti-immigrés comme "Operation Dudula" et "March and March", connus pour leurs actions militantes, sont impliqués dans les manifestations qui ont précédé ces violences.


Le silence de Pretoria face à la xénophobie domestique


Le gouvernement de Cyril Ramaphosa n'a pas réagi publiquement aux événements en cours, prolongeant un schéma d'indifférence observé lors des précédentes vagues de violences xénophobes en 2008, 2015 et 2019. Human Rights Watch a souligné cette "indifférence" et l'absence de poursuites judiciaires effectives.


Un contraste frappant avec la diplomatie internationale


Cette inaction nationale contraste fortement avec l'engagement international de l'Afrique du Sud. Le pays a déposé une plainte contre Israël devant la Cour internationale de justice pour violation de la Convention sur le génocide, démontrant une mobilisation juridique et diplomatique considérable sur la scène mondiale, mais une passivité en matière de protection des étrangers sur son propre territoire. L'Union africaine, quant à elle, s'est limitée à des condamnations sans mécanismes contraignants, n'ayant toujours pas ratifié de protocole sur la libre circulation des personnes sur le continent.


Une dette historique oubliée


Ce silence régional est d'autant plus lourd que la libération politique de l'Afrique du Sud est profondément liée à la solidarité africaine, avec un soutien crucial de pays comme la Zambie, la Tanzanie, le Nigeria, l'Angola, l'Algérie et l'Éthiopie pendant l'apartheid.


Bilan accablant


Entre 1994 et mars 2024, l'observatoire Xenowatch de l'Université de Witwatersrand a recensé 669 morts, 5 310 commerces pillés et plus de 127 000 déplacements forcés liés à la xénophobie en Afrique du Sud. Aucune échéance judiciaire ou plan gouvernemental n'a été annoncé pour les événements actuels depuis le 30 mars 2026.

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